1 Place Paul Claudel, 75006 Paris, France
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29 août 2026 5 h 27 min
En contournant le théâtre de l’Odéon par la place Paul-Claudel, la façade sud révèle plusieurs blessures profondes. Certains blocs de pierre sont creusés de petites cavités, tandis que d’autres semblent avoir éclaté sur une surface beaucoup plus large.

Au milieu de ces marques, une inscription gravée directement dans le mur donne la clé : « LIBÉRATION DE PARIS - ÉCLATS D’OBUS AOÛT 1944 ». Les mots servent à identifier la cicatrice, mais le véritable vestige se trouve autour d’eux, dans les morceaux de pierre arrachés à la façade.
Ces blessures ne reposent pas seulement sur une tradition locale. Un film amateur réalisé par Pierre Besson les 24 et 25 août 1944 montre successivement un char Panther, puis des impacts de balles et d’obus sur la façade du théâtre de l’Odéon.1 Une photographie prise par Jean Roubier en août 1944 montre également le théâtre et le Sénat endommagés.3

Le 25 août 1944, le Palais du Luxembourg constitue encore un important point de résistance allemand. Les FFI commandés par le colonel Fabien et les blindés de la 2e division blindée tentent de réduire cette position.
D’après les archives du Sénat, le char français la Moskova s’engage alors dans la rue de Vaugirard. Arrivé au niveau du théâtre de l’Odéon, il manœuvre et tire un obus dans la chenille d’un char Panther allemand posté rue de Médicis, qu’il parvient à immobiliser.2
Il serait tentant d’attribuer les éclats visibles sur le théâtre à ce duel de chars. Les documents consultés ne permettent pourtant pas de relier ces blessures à ce projectile précis, d’identifier le tireur qui a touché la façade ou de dater les marques du 23 août. La formulation la plus rigoureuse reste donc celle gravée dans la pierre : des éclats d’obus liés aux combats de la Libération, en août 1944.
Cette inscription n’est pas une simple plaque commémorative ajoutée sur un mur intact. La pierre conserve directement les dommages provoqués par les combats. Le message gravé aide à les comprendre, mais il ne remplace pas le vestige : la mémoire a été inscrite au milieu de la blessure.
Ne restez pas devant la façade principale de la place de l’Odéon. Contournez le théâtre jusqu’à la place Paul-Claudel et observez la façade située du côté de la rue de Vaugirard.
Comparez les blocs encore lisses avec les cavités irrégulières et les surfaces profondément arrachées. Il est toutefois impossible d’identifier à l’œil nu l’arme responsable de chaque marque : le film d’époque signale à la fois des impacts de balles et d’obus.
Le quartier conserve d’autres traces des combats du 25 août 1944, notamment sur la statue de Stendhal et sur la façade du 60 boulevard Saint-Michel.
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